Introduction à Warcraft 3

19/12/20 3 Par TinkeR

Sommaire


 

La Passion du jeu

 

Alors de deux choses l’une, soit il est 3h du matin, tu as 4 grammes de pinard bon marché dans chaque bras, et tu cherchais une illustration d’article 13 version Warcraft avant d’aller te coucher et réfléchir sur ta vie merdique, et tu es arrivé ici au hasard des mots-clés ; soit tu as fait le choix (in)conscient et (ir)réfléchi de tenter d’en savoir plus sur un jeu sorti en 2002. Oui, quand même.

Mettons qu’il s’agit du deuxième cas de figure (auquel cas les 4 grammes vont quand même t’aider, penses-y), alors on va s’occuper de toi. Installe-toi, sers-toi un godet ou/et un trois feuilles, et enjoy the ride.


 

a. L’Art de la Guerre 3 – Comment on en est arrivé là ?

Avant d’attaquer l’aspect technique et concret du jeu, évoquons d’abord les éléments qui auraient pu te conduire à vouloir en savoir plus. Un peu de contexte d’abord : sorti donc à l’aube de ce siècle, Warcraft 3 reprend la suite logique du 2ème épisode (ah ça t’en cale une ça, hein ?), qui fut déjà un succès commercial, mais aussi et surtout la suite spirituelle de StarCraft en termes de RTS, plus récent chronologiquement que son frère à la peau verte. L’impact du premier sur le plan esthétique et ludique, puis du deuxième sur le plan technique et compétitif, générera une attente très forte dans la sortie du 3ème opus centré sur le monde d’Azeroth. Sans surprise, Warcraft 3 devient à sa sortie un succès, et la référence du jeu de stratégie.

Côté compétition et communauté, Warcraft 3 connaitra des hauts et des bas, dont la partie de sa vie la plus difficile s’étendra grosso-modo entre 2010 et 2015, période de domination de StarCraft II.


Illustration de StarCraft II : Wings of Liberty


Alors où en sommes-nous aujourd’hui ? Poncé par le plus grand nombre (et toujours très actif aujourd’hui, ne nous y trompons pas), StarCraft II verra certains de ses joueurs fuir lentement le secteur de Koprulu vers d’autres cieux. Amateurs, semi-professionnels et professionnels, les amoureux des Elfes de la Nuit, des Morts-vivants, des Humains et des Orcs reviennent naturellement vers leurs premiers amours. Parmi les joueurs les plus connus (vous affolez pas si vous ne les connaissez pas encore, ça va venir) : Happy, Moon, ToD, StarBuck, ThorZaIN, VortiX et j’en passe feront le chemin inverse, pas nécessairement par appât du gain (pas tous), mais surtout véritablement animés par le plaisir du jeu. Et s’il y a bien un moteur qu’il faut retenir dans cet exode, quelque chose qui nous lie encore tous sur Warcraft 3 aujourd’hui, c’est bien cela.


VortiX, joueur espagnol de Warcraft 3 et StarCraft 2


Ajoutons les ingrédients qui ont poussé dans le dos : l’évocation du remaster en fin d’année 2015 (qui finira par sortir en 2020, on en reparlera), l’investissement grandissant de certains acteurs de la communauté internationale (Back2Warcraft, Pad et son W3Arena, GoodGame.ru) comme nationale et on obtient une scène in fine revitalisée et viable.


 


b. L’accident Reforged

Pour le coup, même si vous n’aviez jamais entendu parler de Warcraft 3, vous avez forcément entendu parler de la shitstorm liée au remaster du jeu sorti en 2020. Intitulé Warcraft 3 : Reforged, et annoncé avec de belles promesses (graphismes revisités, mode multijoueur au taquet, etc.) la version bêta donne déjà pourtant la couleur de ce que pourrait être la version finale : bugs à foison, ralentissements insupportables, textures bâclées au burin rouillé, multijoueurs nivelé par le bas, trop peu de choses seront corrigées à la sortie définitive en janvier 2020, si bien que le jeu prend une volée de bois vert aussi bien de la part de la critique presse, que du grand public.

Un reboot au démarrage catastrophique


La goutte d’eau : l’obligation pour les joueurs n’ayant pas acheté Reforged de télécharger 30 Go de jeu pour passer malgré tout sur la nouvelle interface buggée, et sans plate-forme Battle.net (mode multijoueur) fonctionnel. T’as rien demandé ? Tu l’auras quand même.

Le manque de communication et l’absence d’excuses de Blizzard ont enfoncé le clou, et Reforged devient le jeu le plus mal noté par les utilisateurs de l’Histoire sur Metacritic. Même si la firme d’Irvine se rattrapera dans l’année avec les corrections urgentes, des patchs plutôt bien sentis, et une communication améliorée, le mal sera fait et le gros coup de pouce attendu n’aura pas lieu. À défaut, cette histoire aura au moins permis de mettre le jeu sous les projecteurs, on va dire que c’est déjà ça.


 



c. La scène aujourd’hui

Trois scènes se détachent du paysage international : la scène asiatique, européenne, et américaine, toutes plus ou moins actives. L’Asie d’abord, avec en fer de lance la Chine et la Corée du Sud, où évoluent les meilleurs joueurs au monde et où les compétitions du plus haut niveau ont lieu, en tête les WGL.

L’Amérique (Nord et Sud, et où on l’on greffe généralement le reste du monde dont l’Océanie) est probablement la région du monde qui connait le moins de joueurs, mais dont la scène reste néanmoins fortement active et soudée. Le niveau est considéré comme inférieur aux autres régions, mais certains joueurs tiennent facilement tête aux meilleurs Européens.

Enfin l’Europe, cœur du panier occidental, dont les tournois organisés par l’ESL (Open Cup, DreamHack) et d’autres acteurs indépendants (on se permettra de citer de nouveau Back2Warcraft évidemment) participent à maintenir avec succès le jeu en vie.

Deux des sauveurs de la scène



Et toi dans tout ça, comment on t’intègre ?

Dans ce paysage aussi vaste, comment trouver sa place? D’abord pour ce qui est du cœur même du sujet : le jeu. Avec un mode multijoueurs (appelé « ladder », pour échelle en anglais, illustrant les montées et descentes dans un classement par niveau de jeu) encore bancal aujourd’hui, deux plateformes tierces sont incontournables :

  • W3Champions – pour l’Amérique et l’Europe (donc pour toi, tu l’auras compris)
  • NetEase – pour l’Asie principalement, partenaire officiel de Blizzard.

Le premier – qui nous intéresse principalement ici, et dont le client est téléchargeable par ici – a été développé initialement par un acteur majeur de la communauté Warcraft 3 : Pad, et est aujourd’hui maintenu par une équipe de passionnés, totalement bénévolement. Développeur de métier, il est l’auteur de W3Arena (système multijoueur alternatif de Battle.net) qu’il a créé lors de la période désertique traversée par le jeu dans les années 2010, et lorsque Battle.net était encore la cour des miracles, gangrené par les hackers, le lag, la coke et les putes. Devant l’incapacité de Blizzard à développer un ladder fonctionnel, W3Champions vient à point et sauvera indubitablement le jeu d’une (autre) mort certaine.


Le ladder W3Champions, la référence actuelle

Un peu comme un acteur pourra passer derrière la caméra, le joueur frustré par les défaites que tu es pourras librement passer derrière l’écran et juger avec méchanceté et putasserie les autres grâce à cette formidable technologie qu’est le stream, et notamment la plateforme Twitch. C’est notamment par là que tu pourras à loisir suivre tes joueurs favoris diffuser leurs exploits, ou tout simplement suivre les différentes compétitions sur le jeu, commentés en direct, et avec bien souvent un entrain digne des plus grands commentateurs sportifs.


 


d. La « commu’ » française

En bon Français que tu es, tu souhaites peut-être en savoir un peu plus sur la communauté qui entoure Warcraft 3 dans notre beau pays. Historiquement, la France est un des pays d’Europe les plus engagés dans le RTS en général, et Warcraft 3 en particulier. Encore un cran sous l’Allemagne probablement, mais définitivement bien plus actif qu’en Espagne, en Italie, ou au Royaume-Uni.

Alors à quoi le voit-on ? Un premier indicateur, c’est le niveau de jeu : en Elo moyen (système de classification par points, emprunté aux échecs, dont vous pouvez retrouver le classement par ici) la France se classe 4ème en Europe derrière la Russie, la Suède et l’Allemagne.

Un autre indicateur, c’est l’activité de la base de joueurs actifs ; en effet si l’on extraie les données de W3Champions, on se rend compte que les joueurs français se placent à la troisième place derrière l’Allemagne puis la Russie en terme de nombre de joueurs, et on peut sans trop se tromper extrapoler et imaginer que la répartition est similaire sur le ladder de Blizzard.

Enfin dernier élément, l’existence de structures organisées : équipes, TV – pour certaines pérennes (comme le Clan FRA dont bon nombre de joueurs font partie du top niveau français) – et d’autres plus récentes, comme la nôtre ! La plupart de ces communautés se retrouvent pour discuter le bout de gras sur des serveurs Discord, plate-forme de discussions en ligne, que tu as peut-être connu par le passé avec un esprit similaire comme IRC (les baffes à la truie en moins, comprennent qui pourra).

Logo du Clan France

Si le verbe peut être parfois taquin, voir trollesque, il s’agit aussi de partager des moments conviviaux, tout en échangeant stratégie et techniques dans (généralement) la bonne humeur.

Quelques endroits que tu peux rejoindre :

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